Lundi 5 juin 2006

Cannes 2006 Pour tirer quelques conclusions

 

 

 

Les thèmes de Cannes : terrorisme et machisme

 

LE MONDE | 30.05.06 , Jean-Luc Douin et Jacques Mandelbaum

 

 

 

Passer du petit écran au grand, c'est glisser de l'actualité à la réflexion, de l'immédiateté au fantasme. Cesser de baisser les yeux pour lever la tête, disait Godard. Le 59e Festival de Cannes, qui a fermé ses portes dimanche 28 mai après avoir projeté des centaines de films venus des quatre coins de la planète, a mis en avant des thèmes forts. Cet état du monde offre une vue imprenable sur l'imaginaire collectif. Etat des lieux.

 

 

 

 

La menace terroriste.

Nul ne sera étonné que cette menace soit aussi présente. Oliver Stone a présenté vingt minutes de son film World Trade Center, sur les attentats du 11 septembre 2001, qui sortira en France en septembre. Paul Greengrass, de son côté, ajoute avec Vol 93 une reconstitution du vol United Airlines au cours duquel les passagers tentèrent de se rebeller contre les quatre membres d'Al-Qaida qui détournèrent l'avion. Le Day Night de Julia Loktev suggère que les motivations d'une jeune fille décidée à se transformer en kamikaze en plein Times Square, à New York, peuvent dépasser la stricte motivation politique.

 

 

L'alerte écologique.

Elle est devenue le combat de l'ancien vice-président américain Al Gore, personnage principal du documentaire An Inconvenient Truth. Et celui du Coréen Bong Joon-ho, qui fait jaillir un monstre des eaux de Séoul où un Américain jeta des bouteilles de formol (The Host). Une explosion nucléaire est au départ du film d'anticipation de Richard Kelly (Southland Tales). Les Etats-Unis sont d'ailleurs la cible de dénonciations diverses : pollueurs, esclavagistes sociaux et sexuels dans Fast Food Nation de Richard Linklater, qui tire de la stratégie de l'industrie agroalimentaire un film quasi catastrophe ; obsédés par le paranormal dans Bug de William Friedkin ; accusés d'arrogance à l'égard des migrants latinos et des populations musulmanes dans Babel d'Alejandro Gonzales Inarritu.

 

 

La révolte des déshérités.

Voilà un thème plus récurrent encore. Les combattants maghrébins d'Indigènes de Rachid Bouchareb sont impatients de se voir accorder reconnaissance. Membres de la diaspora capverdienne relégués dans des bidonvilles de la banlieue de Lisbonne, les sans-abri, chômeurs, paumés, zonards et junkies d'En avant, jeunesse ! de Pedro Costa sont en quête de dignité. Dans La Raison du plus faible de Lucas Belvaux, les licenciés d'une usine sidérurgique de Liège braquent un coffre avec l'énergie du désespoir. Fataliste, le vigile des Lumières du faubourg d'Aki Kaurismäki est bafoué, tabassé, injustement mis en prison dans l'indifférence de la société, tandis que Manuel Huerga retrace le combat d'un groupuscule de gauche qui, sous Franco, s'adonna aux braquages pour jouer les Robin des bois, redistribuer l'argent aux ouvriers (Salvador). Dictatures et abus de pouvoir sont pointés du doigt : Franco mais aussi Ceausescu (Comment j'ai fêté la fin du monde de Catalin Mitulescu), militaires et tortionnaires (dans Buenos Aires 1977 d'Israel Adrian Caetano, Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro, Le Caïman de Nanni Moretti, Le Violon de Francisco Vargas).

 

 

 

Le mâle indigne.

La guerre des sexes continue de faire rage, constante qui serait dans l'ordre des choses si elle ne démontrait cette fois une inquiétante prédilection pour l'accablement du sexe fort. Jamais une édition cannoise n'aura révélé un aussi grand nombre d'hommes causant le malheur de leur partenaire et de leur famille. Les mâles apparaissent des êtres indignes d'aimer et d'être aimés.

L'impuissance morale ou physique vient en tête des maux qui accablent l'homme. Qu'il s'agisse des protagonistes masculins de Selon Charlie de Nicole Garcia, égarés, en proie aux doutes, ou du Louis XVI "peu caressant" de Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Le chômeur susceptible de Lucas Belvaux, l'infidèle insensible de Summer Palace du Chinois Lou Ye, le parangon de veulerie des Climats du Turc Nuri Bilge Ceylan, l'éclopé amorphe et fataliste des Lumières du faubourg d'Aki Kaurismäki arborent eux aussi visages et gestes peu flatteurs pour le mâle.

Plus grave, les hommes sont aussi stigmatisés pour leurs penchants agressifs ou criminels, leur bestialité : beaux-pères violeurs du Volver de Pedro Almodovar, mari violent du Bug de William Friedkin, frère cogneur de Bled Number One de Rabah Ameur-Zaïmèche ou infanticides dans Red Road d'Andrea Arnold et dans Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro. Pourquoi tant de haine, dira-t-on, tout en remarquant que ces films sont réalisés, dans leur quasi-intégralité, par des hommes. Cette dénonciation de la défaillance masculine marque-t-elle l'épuisement d'un modèle social ?

 

 

Débuter une nouvelle vie.

En même temps que des femmes contraintes de trouver en elles les ressources pour obtenir ce que les hommes peinent à satisfaire, et parallèlement à la démarche classique de cinéastes qui, tel Ken Loach évoquant les brutalités militaires en Irak via celles qui furent perpétrées en Irlande (Le vent se lève), représentent le passé pour dépeindre le présent, de nombreux films s'attachent au combat de personnages déterminés à débuter une nouvelle vie. Pour certains, c'est après avoir subi une enfance martyre (White Palms de Szabolcs Hadju), pour d'autres après avoir fait l'effarante expérience de la guerre (Flandres de Bruno Dumont) ou avoir dérivé dans la délinquance (La Raison du plus faible de Lucas Belvaux, Uro de Stefan Faldbakken, Z Odzysku de Slawomir Fabicki, Luxury Car de Wang Chao). On ne peut dire plus clairement l'urgence d'un nouveau monde.


 

 

Analyse

 

 

 

L'impossible consensus cannois, par Thomas Sotinel

 

LE MONDE | 30.05.06 |

 

Quand la compétition du Festival de Cannes a proposé Rosetta des frères Dardenne, Tout sur ma mère de Pedro Almodovar, L'Humanité de Bruno Dumont et Une histoire vraie de David Lynch (c'était en 1999), personne ne s'est demandé si le Festival de Cannes avait été bon.

 

 

Mais, en 2006, aucun film de la compétition ne s'est imposé avec force au plus grand nombre des festivaliers et n'a porté la sélection.

 

 

 

Dès son premier jour, le 59e Festival de Cannes a suscité des inquiétudes et des attaques venues autant de l'industrie hollywoodienne que de la presse européenne. Justifiées ou excessives, ces critiques mettent en lumière la difficulté croissante qu'il y a à programmer le Festival, et surtout les interrogations autour de la nature même de l'événement.

 

 

Depuis que la compétition de la sélection officielle est aux mains des organisateurs - avant 1972, les pays participants choisissaient les films -, la programmation aspire à distiller le meilleur du cinéma mondial selon des règles utopiques puisqu'un film burkinabé se voit accorder le même traitement qu'une production hollywoodienne. Cette utopie est née dans les années 1970 quand les réalisateurs ont brièvement pris le pouvoir dans l'industrie américaine. En 1980, la Fox et la Columbia qui avaient produit All That Jazz, de Bob Fosse, acceptaient que leur film soit en compétition avec Jaguar, du Philippin Lino Brocka.

 

 

Mais, au fil des décennies, la distance entre l'industrie et l'art s'est creusée. Vu à travers le prisme de la compétition cannoise, on a pu faire comme si de rien n'était, entre autres parce que la production hollywoodienne avait perdu beaucoup de son intérêt - on ne regrettait pas vraiment l'absence de Top Gun.

 

 

Ce divorce est insupportable pour une manifestation qui aspire à rester un événement central dans la vie du cinéma mondial, autant comme système économique que comme moyen d'expression artistique. Depuis son arrivée au sein de l'équipe du Festival en 2001, Thierry Frémeaux, le délégué artistique, a travaillé, avec succès, à faire revenir les Américains.

 

 

AFP/PASCAL GUYOT

 

Le délégué artistique du Festival de Cannes, Thierry Frémeaux, au Palais des Festivals, lors de la 59e édition, le 27 mai 2006.

 

 

 

Cette année, le retour a pris des allures d'invasion avec l'opération Da Vinci Code. Imposé par le studio Sony Columbia qui en avait unilatéralement fixé la date de sortie, le film d'ouverture, présenté hors compétition, a d'autant plus exaspéré qu'il est raté. Variety, la publication de référence pour les professionnels américains, estime que le film "éclaire d'un triste jour les réalisations du Big Hollywood". Sa présence a mis au jour un fait dont tout le monde est conscient : la composition d'une sélection ne relève pas de la seule volonté d'un sélectionneur.

 

 

Les raisons qui ont conduit à la présentation de Da Vinci Code sont parmi les pires - empêcher que l'attention du monde du cinéma ne se détourne du Festival, satisfaire des professionnels dont on espère, sans garantie, qu'ils reviendront avec des productions plus intéressantes. Mais il existe d'autres critères qui, pour ne pas satisfaire aux aspirations des cinéphiles, sont inhérents à une manifestation comme Cannes. Le président Gilles Jacob le dit : "Dans Festival international du film, le mot important, c'est international." Ce qui veut dire qu'il faut tout faire pour qu'un maximum de pays soient représentés, sinon chaque année, du moins sur une très courte durée. En 2000, l'absence de film italien avait suscité un vif émoi dans l'industrie et la presse transalpines.

 

 

Il faut aussi satisfaire une critique profondément divisée : cette année, les critiques anglo-saxons ont vilipendé En avant jeunesse !, de Pedro Costa, tout en trouvant tous les charmes à Babel, d'Alejandro Gonzalez Iñarritu, soit l'attitude exactement inverse d'une bonne partie de leurs confrères français. Et l'accueil de la presse ne préjuge pas forcément de celui des acheteurs sur le marché international, qui ont fait cette année un excellent accueil à Red Road, le premier film de la Britannique Andrea Arnold.

 

 

Tous les films ne sont donc pas sélectionnés pour les mêmes raisons. Lorsque le programme est satisfaisant, le film touche au-delà de la cible visée, et les différentes communautés - partisans de la primauté de l'auteur, tenants de la légitimité du succès public - s'élargissent suffisamment pour se recouper, comme elles le font par exemple pour Clint Eastwood ou Pedro Almodovar.

 

 

Mais il arrive que la division l'emporte ou, pire, que certaines oeuvres passent dans les vides que la fragmentation du monde du cinéma a creusés entre ses familles. Face au rejet quasi unanime auquel ont dû faire face cette année L'Amico di famiglia, de Paolo Sorrentino, ou Southland Tales, de Richard Kelly, on est forcé de s'interroger sur la légitimité de leur présence.

 

 

LES FILMS HORS COMPÉTITION

 

Parallèlement à la frustration qu'a engendrée la compétition, on assiste à l'accumulation de films hors compétition, du documentaire terrien français (Ici Najac, à vous la Terre, de Jean-Henri Meunier) à la superproduction américaine destinée aux adolescents (X-Men 3). Cet élargissement de l'offre cannoise, qui soustrait dans un même mouvement les films aux dangers d'un examen par le jury, est aussi un hommage indirect au nouveau type de festival qui est né et a prospéré ces vingt dernières années, et dont le prototype se trouve à Toronto.

Dans la métropole canadienne, on propose chaque année des centaines de films, sans se soucier de savoir s'ils ont déjà été projetés ailleurs - alors que les grands festivals européens tiennent à ce qu'un professionnel italien appelle drôlement "leur privilège de défloration" -, sans les intégrer dans une compétition, et en conviant le public de la ville à les découvrir en même temps que les professionnels.

Aux festivals organisés dans des endroits isolés (Venise, Cannes et Berlin jusqu'à la réunification de l'Allemagne), où la communauté cinématographique se réunit en l'absence du monde réel, s'opposent désormais d'autres manifestations organisées au coeur des métropoles, avec à portée de main le public qui a vocation à voir les films présentés : Toronto, Berlin et demain la Fête du cinéma de Rome, dont la première édition aura lieu en octobre.

 

 

 

Le cinéma ne peut trouver son compte que dans la coexistence entre les deux modèles : la distillation clairvoyante du meilleur de la production à l'usage des seuls professionnels comme on la pratique à Cannes et la mise à disposition de pans entiers des cinématographies du monde pour le public. Mais l'équilibre économique et artistique du Festival de Cannes est plus fragile, puisqu'il repose sur un processus d'élaboration plus aléatoire, qui exige à la fois rigueur et audace de la part de ses concepteurs et de ses critiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lundi 5 juin 2006

DVC

Bernard-Henri Lévy DVC

 

AVEC LES CATHOLIQUES

 


 

 

«Da Vinci Code » n'est pas seule­ment un film navrant. Ce n'est pas seulement une remise en jeu puérile - M. et Mme Christ ont une fille - du texte des Ecritures. C'est plus, c'est pire, que l'escroquerie intellectuelle dé­noncée, ici et là, par les journalistes ayant pris la peine de démêler, dans le fatras de ce qui nous est présenté comme «les faits», la part du do­cument et celle de la fantaisie. C'est un film qui, parce qu'il joue sans le dire sur quelques-uns des thèmes les plus dou­teux de l'imaginaire politique contemporain, flirte aussi avec le pire.

Je recommande, pour s'en convaincre, la lecture de trois livres récents.

 

 

Celui de Pierre-André Taguieff, « La foire aux illuminés », qui permet de comprendre comment cet étalage de fausse science et de faux tout court, ce ramassis de croyances en une conjuration mondiale fomentée à l'aube de l'Histoire contemporaine et restée impénétrée jusqu'à nos jours, cette illusion offerte d'accéder, par le livre puis, maintenant, par le film, au mystère des mystères, à l'énigme absolue, pui­sent dans une veine complotiste qui fut celle de tous les totalitarismes.

 

 

Celui de Philippe Muray, l'admirable « XIXe siècle à travers les âges », qui ne parlait naturellement pas de « Da Vinci Code » lui-même mais qui établissait, en des termes auxquels il n'y a rien, hélas, à ajouter, la généalogie d'un « occultisme poli­tique » qui, sur fond d'ésotérisme, de conspirationnisme mais aussi de progressisme et de culte du «féminin», nous mène de tel idéologue blanquiste du second Empire aux grands illuminés qui forgèrent le corps de doctrine des fascismes.

 

 

Et puis, « Le nouvel antichristianisme », de René Rémond, que je recommande à tous ceux qui, chrétiens ou non, su­bodorent le mauvais parfum de régression et d'obscuran­tisme, mais oui ! d'obscurantisme, de haine de la pensée et de la vraie science, qui flotte autour des procès instruits, ces temps derniers, à rencontre d'une Eglise rendue, de Pie XII à Benoît XVI, coupable de tous les maux.

 

 

On commence à savoir que le fameux « Prieuré de Sion », qui occupe, dans le film, une place si essentielle et qui nous est présenté comme un ordre occulte, fondé il y a mille ans par Godefroy de Bouillon et voué à la préservation de ce saint Graal qu'aurait été le secret du mariage de Jésus et Marie Madeleine, est une association loi 1901 créée après la Seconde Guerre mondiale par une bande de Pieds-Nickelés, nostalgiques de Vichy.

 

 

Ce que l'on sait moins, c'est comment le patronyme de tel personnage de Dan Brown - le Radcliffe d'« Anges et démons » - démarque celui de John Readcliff, auteur présumé d'un « Discours du rabbin » datant des années 1860 et consi­déré comme l'un des textes précurseurs des «Protocoles des Sages de Sion».

 

 

 

Ce que l'on sait un peu mieux, mais à peine, c'est que cette thématique du grand secret, cette idée paranoïaque d'une vérité cachée depuis la nuit des temps par de puissantes li­gnées de conjurés, cette croyance alterscientifique en un gouvernement mondial dont il reviendrait à des initiés de déchiffrer les codes, fut au cœur des élucubrations des ému­les français du IIIe Reich: la lutte, non des classes, mais des sociétés secrètes, véritable moteur de l'Histoire? mais oui ! c'était la conviction, avant Dan Brown, de l'essayiste Henry Cosfon qui, parti, dans les années 30, d'une dénonciation du « péril juif», termina sa vie, soixante ans plus tard, dans l'ob­session des synarchies, trilatérales et autres internationales maçonniques et néo-maçonniques.

 

 

 

Et ce que l'on ne veut, pour le coup, pas savoir c'est qu'il suffirait souvent de remplacer, dans la prose et les images de Brown, Opus Dei par Compagnie de Jésus, le personnage de Silas par celui de Loyola, ou « garde blanche » du pape par « hommes en noir » de la Compagnie, pour retrouver le ton des diatribes antijésuites qui enflammèrent le XIXe puis le XXe siècle et culminèrent avec l'envoi, sur le front de l'Est ou à Dachau, de ces déportés marqués « nzv », littéralement «non fiables comme les juifs », dont le crime était de s'être montrés, au fil des âges, successivement complices du ja­cobinisme, du bolchevisme, de l'internationale juive et en­fin - mais là, c'était vrai - d'une résistance allemande anti­nazie à laquelle, à Kreisau par exemple, ils donnèrent quelques-uns de ses héros.

 

 

Je ne suis pas en train de défendre l'Opus Dei, naturelle­ment. Mais je rappelle que les mots ont une histoire et qu'il y a, derrière ces mots-là, c'est-à-dire derrière le fantasme d'une confrérie de moines mafieux et assassins n'ayant d'autre objectif que de mettre l'univers en coupe réglée, un poids de délire et de crime qui évoque de redoutables sou­venirs et contre lequel il n'est pas inutile de mettre le public en garde.

 

 

Que les premiers concernés ne le fassent pas est une chose. Et il y a là, par parenthèse, un exemple de sang-froid que pourraient méditer ces autres offensés qui, récemment confrontés à des « caricatures » qui n'avaient pas le dixième de la charge symbolique et de l'écho de «Da Vinci Code», réagirent avec l'outrance que l'on sait. Mais que cela ne vaille pas, pour autrui, obligation de se taire aussi !

 

 

Que cela n'empêche pas, ici, un agnostique et un juif de dire le dé­goût que lui inspire ce qu'il nommera, avec Freud, la marée noire du nouvel anticatholicisme.

 

 

 

Le Point 25 mai 2006

 

 

 

 

 

 

 

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